OISEAUX

Une page de plus pour les passionnés d’ornithologie.

La parole à Rossignol* :

« Bonjour à tous,

Vous n’êtes pas sans savoir que le site du musée de l’ardoise est, depuis quelques mois, devenu refuge LPO. Sur ces 3 ha classés, une soixantaine d’espèces a été recensée. Certains de passage, d’autres sédentaires. Pour accueillir et surtout aider nos amis à plumes lors de ces frimas rigoureux, 8 nichoirs et 3 mangeoires ont été installés. Le succès est au rendez-vous. Hormis les oiseaux les plus fréquents, d’autres arrivants nous font la joie de leur visite tels que la mésange huppée (cinquième espèce de mésange au musée), le chardonneret élégant, le bruant zizi, … .

Avec les prémices des beaux jours, la sittelle torchepot y va de sa mélodie métallique et monotone. Avec un peu de patience, dès le mois de mars, le pic épeiche sera de nouveau en grande activité amoureuse. Le saviez-vous ? Cet oiseau n’est pas le seul représentant de la famille des picadae : le pic-vert et,  plus rare, le pic épeichette (plus petit pic d’Europe) nous font l’honneur de leurs visites.

Peu de prédateurs viennent perturber la quiétude  de nos amis. Il est toutefois à remarquer que l’épervier d’Europe revient slalomer entre les arbres du sous-bois dans l’espoir de trouver pitance. Alors, en un instant, le site du musée se transforme en monde du silence !

A vos jumelles !

Jean-Christophe BOISTEAULT dit Rossignol »

* Salarié du musée et passionné par les oiseaux

Galerie de photos et textes proposés par Robert HERSANT :

Oiseaux de passage ou résidents du site du Musée de l’ardoise, consulter la liste :

liste du 15/08/2015

La parole à R.H. :

L’hiver est déjà loin. Les oiseaux sédentaires du site, dont le Grimpereau ou le Martin-Pêcheur, ont bien résisté à cette période finalement plutôt clémente.

Après l’observation parfois fugitive d’oiseaux migrateurs tels que les Pinsons du Nord et autres Tarins des aulnes, le retour d’Afrique de nombreux oiseaux s’échelonne durant mars et avril, en particulier les Fauvette à tête noire, la huppe fasciée ou encore l’Hypolaïs Polyglotte.

Le printemps s’installe, les oiseaux nicheurs aussi. Par sa variété d’arbres nourriciers, son plan d’eau, son décor empierré si caractéristique, ses plantes et autres ronciers, le site séduit de nombreuses espèces d’oiseaux pour préparer la nidification. Une quinzaine d’espèces vont élire domicile, nourriture et quiétude assurées.

Dès mars, les querelles seront récurrentes pour marquer son territoire. Chaque espèce va, à sa manière, le faire savoir pour repousser les intrus. Le pic épeiche mâle, par exemple, a beaucoup tambouriné sur le pin pour repousser toute velléité d’un éventuel concurrent. Pour la Sittelle, elle s’est focalisée sur un trou à 8 mètres de hauteur convoité par un pic-vert. Après une semaine d’intenses combats, elle aura gain de cause et pourra maçonner l’ouverture et empêcher toute intrusion.

Les parades vont se succéder pour séduire et pouvoir s’accoupler, avec en exergue les chants qui fusent de toutes parts. (Mention aux Rouge-Gorge, Accenteur, Troglodyte et Merle pour leur virtuosité).

Tous ces préalables sont nécessaires à la nidification étalée entre mai et juillet. Cette période sera l’occasion privilégiée d’observer les incessants manèges des parents pour assurer l’alimentation auprès de leur progéniture.

Restons vigilants et protecteurs pour que tous ces oiseaux, communs ou plus rares, continuent de nous enchanter et assurent le rôle qui leur incombe dans l’écosystème du site ardoisier.

R.H. 03.2015

Un logement gagné de haute lutte

A chaque période de l’année, les oiseaux nous étonnent par leur comportement mais aussi par leur détermination. Durant la dernière quinzaine de mars, le choix d’un nid est souvent source de conflit sur un territoire.

Maçon.La Sitelle, bel oiseau gris-bleu et orange, sédentaire sur le site du Musée, a jeté son dévolu pour son futur logement sur un trou d’arbre situé à 8 m de hauteur. Espèce cavernicole, elle affectionne les vieux arbres pour assurer sa nidification et son alimentation. Le hic, c’est que le Pic-vert ne semble pas prêt à rétrocéder cette loge.

Durant plus d’une semaine, chaque journée, la sitelle va maçonner une partie de l’ouverture pour empêcher toute intrusion. Chaque soir, le pic-vert va méthodiquement détruire le travail de la sitelle, tout en subissant les assauts du couple de sitelles. Celles-ci l’attaquent tour à tour en lui piquant le dos avec force. En vain, chaque soir, tout est détruit.

Pic-Vert.Jamais découragée et très énergique, huit jours durant, la sittelle torchepot recommence inlassablement à obstruer avec de la terre argileuse l’entrée de la loge. Son bec, telle une truelle, est d’une habileté remarquable pour aboutir à un résultat qui ne peut que laisser admiratif tout maçon !

De guerre lasse, le pic-vert va se montrer magnanime ou capituler devant tant de détermination.

La sitelle pourra lors aménager l’intérieur avec des feuilles et des morceaux d’écorce. Elle va alors célébrer sa victoire par des chants incessants (un vrai téléphone !) de nombreux jours. Sa femelle ne peut que succomber à une telle volonté. Elle donnera une nichée unique (environ 7 œufs) en mai. Les juvéniles seront élevés par les deux parents.

Quant au pic-vert, il a dû se résoudre, un peu penaud peut-être, à se rabattre sur une autre loge. Sur le site, ceux-ci ne manquent pas !

R.H. 03.2015

Oiseaux et alimentation : Le site ardoisier, un garde-manger pour les oiseaux

Villeneuve-napoléon carrière

Toutes les espèces recensées sur le site ardoisier depuis plus de 10 ans (voir liste disponible sur cette page), qu’elles soient résidentes ou occasionnelles, ont un point commun : l’opportunité de pouvoir se nourrir toute l’année ou reprendre des forces et faire de la graisse pour les migrateurs.
Cela signifie que l’environnement spécifique de Trélazé est propice par sa diversité végétale, ses sous-bois, ses monticules de schiste, ses points d’eaux, ses friches sauvages qui témoignent du passé ardoisier, à garantir le gite et le couvert pour ces nombreux oiseaux. (lire la suite de cet article) 

R.H. 09.2015

Un Gobemouche noir en habit nuptial au Musée, une visite furtive et rare …

Gobemouche NoirCette belle observation a créé l’évènement le samedi 2 Avril 2016. Ce bel oiseau mâle est un migrateur. Il parcourt un long trajet entre le sud du Sahara et le nord-est de l’Europe avec un cout énergétique élevé.Cet oiseau solitaire pèse 12 à 15 grammes.

Il a donc besoin de faire des étapes et reprendre des forces. Insectivore, il a stationné au Musée de l’Ardoise près du plan d’eau pour gober des insectes virevoltant en fin d’après-midi.

A l’affut sur une branche, il bondit sur sa proie pour se délecter sur une autre branche puis recommence à nouveau, parfois au sol. Il apprécie en effet les chenilles et les coléoptères. Poussant régulièrement son petit cri caractéristique, presque métallique, il s’est alimenté en tournoyant du plan d’eau au talus du moulin d’exhaure. (Lire la suite de cet article …)

R.H. 04.2016

Des petits animaux terrestres se joignent à notre compagnie :

écureuil commun d’Europe, hérisson, … .

Des chauves-souris au Musée :

Parmi tous les animaux recensés sur le site, un mammifère retient toute notre attention en cette période pré estivale. Il s’agit de la chauve-souris bien présente à la tombée de la nuit au Musée pour gober une multitude d’insectes au-dessus des plans d’eau.

Il n’est pas inutile de rappeler que cet animal, souvent décrié car très méconnu, bénéficie d’un statut qui le protège. C’est un animal insectivore parmi les plus menacés d’Europe, essentiellement à cause d’activités humaines !
Il a pourtant un rôle essentiel au vu des quantités incroyables d’insectes dévorés chaque année : les plus grosses d’entre elles engloutissent jusqu’à trois kilos d’insectes par saison. Une chauve-souris de 5,5 grammes est capable d’avaler dans sa journée 100 mouches bleues ou 400 moustiques ! Voilà des arguments pour nous convaincre de leur utilité.
L’utilisation d’un détecteur à ultrasons et l’observation d’excréments au bord du bâtiment principal du Musée ont permis de vérifier début juin la présence d’un petit groupe résidant sur place. On pourra connaître prochainement la ou les espèces investissant le site la nuit tombée. On sait par exemple que le Murin de Daubenton privilégie la chasse au-dessus des plans d’eau.
De manière très exceptionnelle, la chauve-souris peut chasser en plein jour, avec en illustration la photo prise à 15 heures mi-avril 2013 au-dessus du parc du Musée avec l’identification présumée d’une Sérotine commune.
Il existe environ 1 200 espèces dans le monde dont 34 en France. L’Anjou est un département privilégié avec 21 espèces présentes.
Il est important de rappeler que les chauves-souris ne cherchent pas à entrer dans nos habitations. (Leur intrusion est presque toujours accidentelle). Il s’agit très souvent de jeunes chauves-souris au vol encore maladroit. C’est en juillet, période d’envol des jeunes (et de fenêtres ouvertes) que certaines chauves-souris peuvent s’égarer dans nos habitations.
En cas de découverte inattendue chez vous d’une chauve-souris, il est important de respecter les consignes suivantes : (Suggestion d’encadrer le texte ci-dessous)
On ne manipule pas à main nue l’animal. On prend un chiffon ou des gants pour le placer dans un carton ou au plus près de sa nurserie souvent proche, surtout si c’est un jeune (peau quasi nue, yeux ferlés ou à peine ouverts, peau des ailes peu étendue).
On le dépose dedans (ou tout à côté) : c’est quasiment sa seule chance de survie. Faute de connaître son gîte, on garde le jeune dans un endroit tempéré plutôt frais en attendant le soir venu de le placer sur un accès direct à sa colonie.
Si l’animal est blessé, le mettre au noir et non exposé aux prédateurs et grosses chaleurs. Idéalement, le mettre derrière un volet ou dans une dépendance ouverte en surveillant son départ le soir. S’il est réellement très blessé, contacter la LPO…
Tout récemment, le 17 juin dernier, une chauve-souris adulte a été retrouvée dès potron-minet quelque peu « assommée » dans l’allée de l’accueil du Musée. Avec précaution, cet oreillard gris (PHOTO), fut mis à l’abri de prédateur (par exemple un chat) dans un confortable carton ouvert et déposé en bord de fenêtre. L’animal a fini par disparaitre après plusieurs heures de repos.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site associatif du groupe « chiroptères des Pays de la Loire » : chauvesouris-pdl.org/

Soirée « Chauve-souris » 2016 :  page1page2

R.H.